Anarchistes Ivry

Groupe libertaire d’Ivry-sur-Seine

Kropotkine : L’esprit de révolte

Classé dans : Lectures

21
06 | 10

Dans la vie des sociétés, il est des époques où la Révolution devient une impérieuse nécessité, où elle s’impose d’une manière absolue. Des idées nouvelles germent de partout, elles cherchent à se faire jour, à trouver une application dans la vie, mais elles se heurtent continuellement à la force d’inertie de ceux qui ont intérêt à maintenir l’ancien régime, elles étouffent dans l’atmosphère suffocante des anciens préjugés et des traditions. Les idées reçues sur la constitution des États, sur les lois de l’équilibre social, sur les relations politiques et économiques des citoyens entre eux, ne tiennent plus devant la critique sévère qui les sape chaque jour, à chaque occasion, dans le salon comme dans le cabaret, dans les ouvrages du philosophe comme dans la conversation quotidienne. Les institutions politiques, économiques et sociales tombent en ruines ; édifice devenu inhabitable, il gêne, il empêche le développement des germes qui se produisent dans ses murs lézardés et naissent autour de lui.

Un besoin de vie nouvelle se fait sentir. Le code de moralité établi, celui qui gouverne la plupart des hommes dans leur vie quotidienne, ne paraît plus suffisant. On s’aperçoit que telle chose, considérée auparavant comme équitable, n’est qu’une criante injustice ; la moralité d’hier est reconnue aujourd’hui comme étant d’une immoralité révoltante. Le conflit entre les idées nouvelles et les vieilles traditions éclate dans toutes les classes de la société, dans tous les milieux, jusque dans le sein de la famille. Le fils entre en lutte avec son père : il trouve révoltant ce que son père trouvait tout naturel durant toute sa vie ; la fille se révolte contre les principes que sa mère lui transmettait comme le fruit d’une longue expérience. La conscience populaire s’insurge chaque jour contre les scandales qui se produisent au sein de la classe des privilégiés et des oisifs, contre les crimes qui se commettent au nom du droit du plus fort ou pour maintenir les privilèges. Ceux qui veulent le triomphe de la justice, ceux qui veulent mettre en pratique les idées nouvelles, sont bien forcés de reconnaître que la réalisation de leurs idées généreuses, humanitaires, régénératrices, ne peut avoir lieu dans la société telle qu’elle est constituée : ils comprennent la nécessité d’une tourmente révolutionnaire qui balaie toute cette moisissure, vivifie de son souffle les cœurs engourdis et apporte à l’humanité le dévouement, l’abnégation, l’héroïsme, sans lesquels une société s’avilit, se dégrade, se décompose.

Aux époques de course effrénée vers l’enrichissement, de spéculations fiévreuses et de crises, de ruine subite de grandes industries et d’épanouissement éphémère d’autres branches de production, de fortunes scandaleuses amassées en quelques années et dissipées de même, on comprend que les institutions économiques présidant à la production et à l’échange sont loin de donner à la société le bien-être qu’elles sont censées lui garantir ; on s’aperçoit qu’elles amènent précisément un résultat contraire. Au lieu de l’ordre, elles engendrent le chaos, au lieu du bien-être, la misère, l’insécurité du lendemain, au lieu de l’harmonie des intérêts, la guerre, une guerre perpétuelle de l’exploiteur contre les producteurs et de ceux-ci entre eux. On voit la société se scinder de plus en plus en deux camps hostiles et se subdiviser en même temps en milliers de petits groupes se faisant une guerre acharnée. Lasse de ces guerres, lasse des misères qu’elles engendrent, la société se lance à la recherche d’une nouvelle organisation : elle demande à grands cris un remaniement complet du régime de la propriété, de la production, de l’échange et de toutes les relations économiques qui en découlent.

La machine gouvernementale, chargée de maintenir l’ordre existant, fonctionne encore ; mais, à chaque tour de ses rouages détraqués, elle se butte et s’arrête. Son fonctionnement devient de plus en plus difficile, et le mécontentement excité par ses défauts va toujours croissant. Chaque jour fait surgir de nouvelles exigences. Réformez ceci, réformez cela !, crie-t-on de tous côtés. Guerre, finance, impôts, tribunaux, police, tout est à remanier, à réorganiser, à établir sur de nouvelles bases, disent les réformateurs. Et cependant, tous comprennent qu’il est impossible de refaire, de remanier quoi que ce soit, puisque tout se tient. Tout serait à refaire à la fois ; et comment refaire, lorsque la société est divisée en deux camps ouvertement hostiles ? Satisfaire des mécontents serait en créer de nouveaux.

Incapables de se lancer dans la voie des réformes, puisque ce serait s’engager dans la révolution, en même temps trop impuissants pour se jeter avec franchise dans la réaction, les gouvernements s’appliquent aux demi-mesures, qui ne peuvent satisfaire personne et ne font que susciter de nouveaux mécontentements. Les médiocrités qui se chargent à ces époques transitoires de mener la barque gouvernementale ne songent plus d’ailleurs qu’à une seule chose : s’enrichir, en prévision de la débâcle prochaine. Attaqués de tous côtés, ils se défendent maladroitement, ils louvoient, ils font sottise sur sottise, et ils réussissent bientôt à trancher la dernière corde de salut. Ils noient le prestige gouvernemental dans le ridicule de leur incapacité.

À ces époques, la révolution s’impose. Elle devient une nécessité sociale. La situation est une situation révolutionnaire.

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21
06 | 10

Le squat La Suite, lieu culturel alternatif, s'est fait évacuer et ses habitants jetés à la rue. Comment faire partager la révolte que l'on ressent en une telle occasion ? Comment passer de la révolte à la révolution ? Avec Guillaume, venu présenter la nouvelle émission qu'il anime sur Radio Libertaire, A las barricadas ! : l'histoire de la révolution en Espagne au service de la révolution à venir.

Lundi Matin, 21 juin 2010, 1:38:27, Ogg Vorbis, 57.4 Mo

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Sans-papiers en lutte, de la Seni à Bastille

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17
06 | 10

En janvier dernier, la Seni, entreprise de nettoyage, fait parler d’elle : des dizaines d’inspecteurs débarquent, interrogent le personnel et repartent avec les dirigeants qu’ils retiendront plus de 30 heures. 10 à 20% de leurs employés seraient sans-papiers. Plus de 200 sans-papiers de la Seni ont occupé leur entreprise au printemps 2008 pour demander leur régularisation. En octobre 2009, ils se mettent de nouveau en grève, dans le cadre du mouvement lancé par la CGT. Des dossiers sont déposés les deux fois, mais les préfectures exigent des Cerfa (document qui certifie l’embauche) ; la direction de la Seni a finalement préféré délivrer des licenciements. Les sans-papiers ont alors réinstallé un piquet de grève en face de l’entreprise et y sont depuis le 31 mai.

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Alain et Ali

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14
06 | 10

Deux sans-papiers du piquet de grève de la Seni, qui se battent, comme des milliers d'autres, depuis des mois, pour obtenir enfin une régularisation.

Lundi Matin, 14 juin 2010, 1:25:15, Ogg Vorbis, 60.8 Mo

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Pour un service public non étatique

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07
06 | 10

La disparition de la médecine du travail semble programmée. Des anarchistes, qui combattent l'État, défendent pourtant l'existence d'un service public.

Lundi Matin, 7 juin 2010, 1:22:40, Ogg Vorbis, 59.2 Mo

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